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Libération

A Paris, les banquiers «pris par surprise» redoutent l’onde de choc

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Les opérateurs de marché imaginent déjà comment contourner la mesure.

Publié le 11/12/2009 à 0h00

Stupeur chez les banquiers français. Mercredi, les voila qui apprennent que leur filiale londonienne va se voir taxer. Et jeudi, on parle d’une taxe sur les bonus pour la France, voir pour toute l’Europe si la mesure est généralisée. Et ce, quelques semaines seulement après la publication de l’arrêté encadrant les rémunérations des opérateurs de marché des banques, application concrète des engagements du G20.

«L'annonce d'une taxation nous a pris par surprise. Nous n'étions au courant de rien, réagissait hier un banquier. Cela paraît difficilement concevable qu'on prenne une mesure qui va avoir un effet négatif sur les places financières de Paris et Londres, et qui va ainsi profiter à celles de New York ou Hongkong. Cela remet en cause la logique du G20, qui était d'appliquer partout les mêmes mesures.» Signe que Sarkozy a pris de court la profession, la fédération bancaire française n'avait pas réagi hier soir à la proposition présidentielle.

Dans les salles de marché, en revanche, la mesure inspirait beaucoup de commentaires. En mal. «On a l'impression que c'est reparti pour la démagogie chez les politiques, témoigne un trader d'une grande banque parisienne. Dès qu'on n'a plus rien à dire, on accuse les acteurs de marché. Cela commence à faire beaucoup…»

Grosso modo, deux camps se forment : ceux qui touchent un bonus inférieur à la limite évoquée par Gordon Brown (27 500 euros), qui ne s'inquiètent pas trop. Et les autres, interrogatifs.

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