L’électricité, c’est la modernité. En manquer, c’est… le Moyen Age ? Non, c’est le lot de plus de 2 milliards d’êtres humains qui n’en ont pas du tout et peut-être de la France cet hiver. Si coupure il y a, elle serait certes momentanée, limitée à quelques territoires, mais même cette situation, pourtant monnaie courante dans la plupart des pays du monde, n’est ni acceptée ni acceptable. Comment en est-on arrivé là ?
La menace est-elle sérieuse ?
Oui, puisque la capacité de production disponible en France et les importations possibles s'approchent dangereusement de la demande pour les jours qui viennent. Avec des pointes de consommation peu éloignées du record de 92 400 mégawatts du 7 janvier 2009 en raison de températures inférieures de 7°C à la moyenne saisonnière. Si Réseau de transport d'électricité (RTE) constate que la demande risque de dépasser l'offre à un instant donné, il faudra, pour éviter une panne générale par effet domino sur le réseau - «la hantise des ingénieurs» (1) dit Dominique Maillard, patron de RTE) - prendre les devants et couper des territoires limités. Avant d'en arriver là, plusieurs actions sont disponibles - mobilisation de tous les producteurs, achats à l'étranger, arrêt volontaire de consommation chez des gros clients, appel au civisme des consommateurs domestiques - qui devraient permettre d'éliminer le spectre de la panne. «Nous n'envisageons pas de crise grave, lance Philippe Guillard, directeur adjoint de l'




