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Libération

L’économie, pas l’identité nationale

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ParBruno Amable
professeur de sciences économiques à l’université Paris-I Panthéon- Sorbonne.
Publié le 22/12/2009 à 0h00

Le «grand débat sur l’identité nationale» a fait l’objet de beaucoup d’attention dans la presse et les médias audiovisuels. Les commentateurs ont été nombreux à souligner les préoccupations électoralistes derrière cette initiative du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Le calcul politique qu’on devine est d’exploiter les sentiments xénophobes prêtés à la population française, pour faire que l’immigration et quelques thèmes supposés connexes comme l’insécurité dominent les prochaines campagnes électorales. La droite pense détenir un avantage comparatif en la matière et espère s’approprier notamment le vote d’une partie des classes populaires.

Certaines recherches en économie politique (1) pourraient appuyer un tel raisonnement, expliquant la fortune électorale du Front national et les déboires de la gauche, en particulier à l’élection présidentielle de 2002, par la prédominance de thèmes liés à l’immigration dans la campagne électorale. Ainsi, des électeurs favorables à des mesures économiques et sociales de gauche mais xénophobes préféreront voter à droite ou à l’extrême droite plutôt que pour des partis proposant une politique économique plus proche de leurs préoccupations si la dimension de l’immigration domine le débat politique.

Pourtant, les enquêtes menées auprès de la population française révèlent que le thème de l’immigration n’a jamais été une préoccupation majeure de l’électorat, pas même en 2002. Pour la période plus récente, le baromètre politiqu

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