Est-il possible de gagner des élections sans aucun programme ? Assurément. L’histoire électorale est pleine d’épisodes où des partis politiques parviennent à la victoire et au pouvoir grâce aux erreurs et au rejet de l’adversaire, et non parce que leurs propositions auraient enthousiasmé les foules. Le problème est que l’on finit forcément par en payer un jour le prix.
Prenons l’exemple de la victoire socialiste de 1997. Avec les 35 heures et les emplois-jeunes, on pourrait certes dire que la gauche avait quelque chose qui ressemblait à un programme. Mais ce n’est pas faire injure aux responsables de l’époque que de rappeler que ces mesures avaient été bricolées en quelques semaines, afin d’unir au plus vite les partis de la gauche plurielle, suite à la dissolution surprise décidée à la hussarde par le président en place. La victoire se fit principalement sur le rejet de l’adversaire.
Et le prix fut payé à partir de 2000. Une fois ces deux mesures emblématiques mises en place, la gauche plurielle ne savait plus trop quoi faire ou proposer au pays, tout simplement parce qu'elle n'était d'accord sur rien. Retraites, fiscalité, enseignement supérieur, marché du travail : sur aucun de ces sujets clés, les partis au pouvoir n'avaient le début du commencement d'un programme un tant soit peu précis. Ce dont l'opinion a fini par se rendre compte, ce qui a très probablement contribué aux défaites de 2002 et de 2007. Sans compter que les mesures bricolées à la va-vite sont parfois des




