Les 114 salariés du site de Caen, chez ST-Ericsson, ont le sentiment d’être laissés pour compte. Et ils en veulent à Christian Estrosi, le ministre de l’Industrie, qui n’a pas levé le petit doigt pour les sauver. Voilà un site spécialisé dans les semi-conducteurs, employant quasi exclusivement des ingénieurs, des cadres et des thésards, et qui s’achemine vers une fermeture, sans que les pouvoirs publics s’émeuvent. Un comble, disent-ils, quand on sait que l’Etat détient 14% de la maison mère, STMicroelectronics, et qu’il soutient la filière à coups de millions…
A la découpe. Dans les rangs des ingénieurs, l'amertume domine : «On est spécialisé dans les composants cellulaires, on a une vraie compétence et on est rentable, rappelle un élu au comité d'entreprise. Et pourtant, on nous jette!» Les tribulations de cette équipe de spécialistes ressemblent à un calvaire. Intégrés à l'origine dans la division semi-conducteurs de Philips, ils basculent en 2007, suite à un montage financier, entre les mains du fonds d'investissement américain KKR. Rebaptisés NXP, ils sont vendus à la découpe tandis que leur équipe axée sur le développement des composants pour la téléphonie cellulaire, est cédée à STMicroélectronics, un des leaders mondiaux du secteur. Et ce n'est pas fini : quand ce dernier se rapproche du suédois Ericsson, les voilà propulsés, en février 2009, dans la nouvelle structure, un montage juridique complexe, baptisée ST-Ericsson.
Cinq mois pl




