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Libération
Récit

Règlement de comptes en Argentine

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La présidente a finalement obtenu la tête du gouverneur de la Banque centrale. En jeu, les réserves monétaires et le paiement de la dette.

ParMathilde Guillaume
Correspondante à Buenos Aires
Publié le 05/02/2010 à 0h00

La telenovela argentine continue : une présidente de la République colérique, incapable de sortir du marécage où elle s’est embourbée ; un gouverneur de la Banque centrale limogé, récalcitrant et revanchard, des milliards de dollars en jeu, des portes qui claquent, une opposition qui se frotte les mains… Tous les ingrédients sont réunis pour que la crise institutionnelle provoquée par la crise financière se prolonge par… une crise politique. Explications.

Qui connaissait, il y a quelques semaines, Martin Redrado ? Ce fonctionnaire, ancien d’Harvard et jusqu’à présent fidèle au péronisme, a pourtant gagné sa place en une de la presse argentine pour sa ténacité dans le conflit qui l’oppose à la présidente, Cristina Kirchner. Nous sommes le 14 décembre 2009. Kirchner annonce la création d’un Fonds du bicentenaire (en allusion aux deux cents ans d’indépendance du pays, qui seront célébrés en mars) pour payer les échéances de la dette pour 2010, qui s’élèvent à 13 milliards de dollars (près de 9,5 milliards d’euros). L’Argentine va finir 2009 en déficit fiscal et le gouvernement prétend relancer la croissance sans rogner sur les dépenses publiques dantesques auxquelles les années de croissance autour de 10%, entre 2003 et 2007, l’avaient habitué. Il lui faut continuer à financer une augmentation annuelle de 30% des dépenses alors que les recettes n’augmentent, elles, que de 20%…

Le besoin de liquidités se fait donc clairement sentir et Cristina Kirchner pioche où elle peut. Ce n’es

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