La critique revient en boucle : comment faire confiance à un système où le «noteur» est payé par le noté. Aujourd'hui quand une agence passe au crible un produit financier, elle est rémunérée par celui qui l'a concocté. Dès lors, tous les procès d'intention à propos de la complaisance de l'évaluateur sont ouverts. Avant 1970, c'était l'inverse. C'est l'investisseur qui faisait évaluer les placements, pour se garder de mauvais choix. Une pratique plus saine, estimait-on alors. Mais tuée par la photocopieuse : «Les notes, confidentielles, photocopiées se sont mises à circuler», raconte Jérôme Mathis, de la School of Economics de Toulouse.
Comme les entreprises, les Etats payent pour obtenir auprès des agences une note avant de solliciter le marché pour emprunter. Et aussi étrange que cela puisse paraître, plus un pays est endetté plus il paie cher le service des agences de notation. «Elles facturent les pays en fonction de l'encours de leur dette, et du nombre de leurs émissions», assure un observateur. Même si quelques pays (notamment la France) y échappent grâce à des tarifs très avantageux, du fait de leur excellente réputation.
Pour mettre un peu d'ordre, les économistes Jérôme Mathis et Jean-Claude Rochet suggèrent de «placer un intermédiaire entre l'agence et son client» (1). Ce pourrait être par exemple une institution financière, rattachée auprès des Bourses. Elle collecterait l'argent de ceux qui souhaitent être notés, à charge pour elle d'ass




