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Libération

Total, de la grève à la gêne

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Cinq raffineries sur six ont voté hier la fin du mouvement. Avec une pointe d’embarras vis-à-vis du site des Flandres.

ParAlice Géraud
(à FEYZIN)
Nicolas de La Casinière
(à Donges)
Publié le 25/02/2010 à 0h00

Ils étaient amers, hier, les salariés du site des Flandres, près de Dunkerque, en voyant les collègues des cinq autres raffineries du groupe voter massivement la reprise du travail malgré l'absence d'avancées sur le sort de leur propre activité de raffinage. «Deux jours de plus et le gouvernement poussait la direction à redémarrer notre raffinerie», se lamentait Philippe Wullens, délégué SUD (syndicat majoritaire de Dunkerque). Au huitième jour d'une grève déclenchée en soutien à la raffinerie des Flandres, les salariés des cinq autres raffineries de Total ont en effet stoppé le mouvement après avoir reçu l'assurance du groupe que leurs sites ne seraient pas fermés ces cinq prochaines années. «C'est rien ça, juste des CDD de cinq ans.» Pourquoi les centrales ont-elles capitulé alors ? Le syndicaliste hausse les épaules. «Dans ces grosses sociétés, les délégués syndicaux se trouvent dans des bureaux proches de ceux de la direction. Ça favorise des trucs, notamment les discussions de couloirs.»

Dans les autres raffineries, cependant, l'ambiance est loin d'être à l'euphorie. A celle de Feyzin, au sud de Lyon, les responsables syndicaux expliquent à la tribune pourquoi ils veulent arrêter la grève. En début de semaine, la section locale de la CFDT (majoritaire sur ce site) avait refusé d'obéir à l'appel de sa centrale visant à stopper le mouvement. La CGT, elle, promettait «d'aller jusqu'au bout pour les copains des Flandres».

«Toutous».

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