Menu
Libération
tribune

L’assurance dépendance doit être obligatoire

Réservé aux abonnés

ParPierre-Yves Geoffard
professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, directeur d'études à l'EHESS.
Publié le 02/03/2010 à 0h00

Après le chantier de la réforme des retraites, enfin ouvert, il faut sans plus tarder s'attaquer à la dépendance, autre risque social lié à la vieillesse. En trois ans, la rhétorique officielle a changé : durant la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy promettait la création d'une cinquième branche de la protection sociale consacrée à la dépendance ; aujourd'hui, le gouvernement parle d'un cinquième risque (les quatre autres étant la maladie, le chômage, la famille, et la vieillesse). Il semblerait donc que le gouvernement écarte d'emblée l'option d'un financement public de la dépendance, au profit d'une prise en charge par des assurances privées en situation de concurrence.

Quel que soit le bien ou le service, aucun marché ne peut fonctionner correctement sans régulation adéquate, à fortiori dans le cas de ce service si particulier qu’est l’assurance. Il faut donc débattre dès maintenant des différents choix d’organisation. Parmi les options capitales qui continuent d’être débattues, la question de l’obligation d’assurance est sans aucun doute la plus importante. Quelques arguments, bons ou mauvais, plaident contre une telle obligation. Fort gênant pour la doctrine présidentielle, une obligation d’assurance ferait entrer les cotisations dans la masse des « prélèvements obligatoires », ce qui augmenterait mécaniquement le volume de celles-ci. Pourtant, cet argument comptable manque de sérieux : ainsi, les complémentaires santé représentent 1,2% du PIB

Dans la même rubrique