Ils s’appellent Lainouni, Kardoudi, Hamouhajji. Ils sont assis sagement sur les bancs du public, dans la salle d’audience du tribunal des prud’hommes, à Paris. Tous Marocains, devenus français pour certains. Tous employés ou retraités de la SNCF. Sur les 89 plaignants dont le cas a été évoqué hier, une cinquantaine a fait le déplacement. Ils réclament la reconstitution de leur carrière et l’alignement de leurs retraites sur celles des Français embauchés aux mêmes postes. Ils se disent discriminés parce qu’ils ont n’ont pu accéder au statut protecteur du personnel de la SNCF, réservé aux Français, et élargi depuis peu aux ressortissants de l’Union européenne.
Ils ont été recrutés comme agents contractuels, sous le régime dit PS 25, aligné sur le privé. «Ils sont venus nous recruter sur place», insiste Katim. En marge de l'audience, Berramdane raconte. C'était en 1974. Il avait 21 ans. A Oujda, la SNCF - comme l'automobile ou la sidérurgie - recrute, avec l'appui du bureau marocain de la main-d'œuvre. «On était 105 candidats,et 65 retenus.» Direction la France. Pour lui, ce sera la SNCF. A Fez, Khemisset, Azrou, même scénario. Boubia vient d'Azrou. Recruté en novembre 1972 comme une quarantaine de locaux. Lainouni tend son contrat de travail. Il y est écrit :«Le salaire et les conditions de travail sont alignés sur l'ouvrier français.»
Cela fait trois ans que les Marocains se battent. Mal aiguillés par leur avocat, ils ont été déboutés l'an pa




