Renate n'a aucun atome crochu avec la politique d'Angela Merkel. Ex-employée de bureau, à la retraite depuis deux ans, elle vote socialiste et a conservé sa carte de syndicaliste. En sirotant une bière à la terrasse d'un café berlinois sur le Ku'damm, la grande avenue de Berlin ouest, elle donne pourtant raison à la chancelière sur un point : «Il ne faut pas voler au secours de la Grèce.»
Entre 61% et 76% des Allemands, selon les sondages, partagent l'opinion de Renate. «D'un côté, je me dis qu'il faudrait aider la Grèce au nom de la solidarité, dit-elle. Mais de l'autre, l'Allemagne ne va pas si bien que ça, et je ne vois pas d'où viendraient les milliards qui devraient couler vers le budget grec.» Elle marque un temps, ajoute : «Et puis, c'est toujours l'Allemagne qui doit voler au secours des autres, qui doit payer pour les autres. Toujours. Mais les autres seraient-ils prêts à payer pour l'Allemagne ? Je suis très sceptique…»Comme d'autres, elle n'apprécie pas que la crise grecque serve d'argument électoral à la CDU (le parti de centre-droit de Merkel), engagée dans une campagne très serrée en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le land le plus peuplé d'Allemagne, appelé à renouveler son Parlement régional le 9 mai. Si elle échouait en Rhénanie, la coalition de Merkel perdrait la majorité au Bundesrat, la seconde chambre du Parlement allemand. Renate l'assure : «J'espère que la ligne dure défendue par Merkel ne lui permettra pas de gagner




