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La fonte accélérée des syndicats suédois

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Publié le 06/04/2010 à 0h00

Alors qu'ils sont en train de renégocier les accords collectifs, les syndicats suédois n'ont pas le moral. Il y a quinze ans, ils pouvaient se targuer de compter parmi leurs adhérents 85% des salariés du royaume. Aujourd'hui, le taux de syndicalisation n'atteint «que» 71%. Les responsables des grandes organisations tempèrent : «Nous avons toujours le taux de syndicalisation le plus élevé du monde», note Sture Nordh, patron du syndicat TCO, tout en reconnaissant que «la situation est inquiétante».

Entre 2007 et 2008, les centrales ont perdu plus de 235 000 adhérents. Le plus gros recul depuis un siècle. La crise est donc profonde. La confédération LO est la plus touchée, elle a vu partir 13,7% de ses membres depuis 2007. Hans Tilly, le président du syndicat des ouvriers de la construction Byggnads, met en cause la hausse des cotisations et la réforme de l’assurance chômage entreprise par le gouvernement de centre droit. Non seulement les réductions d’impôts sur les cotisations syndicales ont été supprimées, mais le coût de l’adhésion aux caisses d’assurance chômage, gérées par les organisations de salariés, a triplé, voire quadruplé pour certaines professions, les plus touchées par les destructions d’emplois. Avant 2007, un ouvrier de la construction déboursait chaque mois 341 couronnes (33 euros) pour adhérer à un syndicat et à sa caisse d’assurance chômage. Désormais, il doit verser 83 euros. S’ils se syndiquaient quasi automatiquement auparavant, les Suédo

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