Belle partie de poker menteur. Au soir du deuxième jour de grève à la SNCF, alors que la direction prévoit pour ce vendredi un «retour progressif à la normale» du trafic, le secrétaire général de la CGT cheminots, Didier Le Reste, appelle les grévistes «à poursuivre et amplifier» la grève. Problème: les deux ne pourront avoir raison. Alors, qui dit vrai? Et qui bluffe?
A ce jeu, la direction du transporteur ferroviaire ne peut guère se permettre de se tromper. Car si elle annonce la circulation demain de 83% des TGV, 90% des Transiliens aux heures de pointe en Ile-de-France, 75% des TER, 75% des Intercités et 57% des Téoz, un trafic international normal vendredi sur Eurostar, Thalys, et sur les TGV pour l’Allemagne, elle devra payer des pénalités en cas de non-respect de ces prévisions qui font office de promesses pour les usagers.
Côté CGT, la stratégie est lisible: continuer de faire semblant d'y croire avant le week-end pour ne pas perdre la face vis-à-vis de la direction dans cette opération de bras de fer qu'elle est en train de perdre – elle le sait pertinemment. Tenter aussi de garder le respect de ses adhérents grévistes pour qu'ils n'aient pas le sentiment - légitime - d'avoir cessé le travail sans rien obtenir. Un sorte de baroud d'honneur, donc.
Car on en est là au soir du deuxième jour de grève: la direction n'a rien cédé aux exigences des syndicats. Ceux-ci ont tenté de muscler le mouvement ce jeudi en appelant toutes les catégories de personnels




