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France Télécom : la justice augmente la pression

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Social. Une information judiciaire a été ouverte contre l’opérateur pour harcèlement moral. Une première en France.

Manifestation de salariés de France Télécom, le 7 octobre 2009 à Strasbourg après une vague de suicides (AFP Frederick Florin)
Publié le 10/04/2010 à 0h00

Jeudi, le parquet de Paris a décidé d'ouvrir une information judiciaire contre X pour «harcèlement moral» concernant France Télécom, après la vague de suicides l'ayant touché. Elle met en cause une organisation du travail soupçonnée d'être pathogène. Elle pourrait être suivie d'autres plaintes. Depuis janvier, 12 suicides ont été recensés. C'est la seconde fois pour l'opérateur que la justice décide de nommer un juge d'instruction à la suite d'une plainte au pénal.

Le premier cas concernait un technicien d’intervention qui s’est donné la mort dans la nuit du 10 au 11 août 2009, à Besançon. Un rapport de l’inspection du travail, transmis au parquet, avait dénoncé des entraves au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et la prise en compte insuffisante des risques psychosociaux pouvant expliquer le geste du salarié. Celui-ci avait laissé des lettres très explicites, révélant qu’il ne supportait plus son job. Dans ce cas précis, la justice avait retenu le chef d’homicide involontaire. Et le parquet avait visé l’unité d’intervention de «Bourgogne Franche-Comté» en tant que responsable régional du technicien.

Cette fois, c'est le harcèlement moral qui va faire l'objet d'une instruction. Selon l'avocat du syndicat SUD, auteur de la plainte, «il y a très peu de plaintes au pénal, visant des entreprises». Et le plus souvent elles sont classées. Dans l'affaire des suicides au Technocentre de Renault, rappelle l'avocat, un rapport de l'inspe

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