Les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR) sont-elles volontairement catastrophistes? En vérité, ce qui pose problème, ce sont surtout les interprétations trompeuses qu’en font la droite, le Medef et tous ceux qui veulent faire peur. Pour l’essentiel, le COR s’est contenté de rappeler ce que nous savions déjà. Pour régler le problème des retraites à l’horizon 2030, il suffit d’augmenter le taux de cotisation de 5 points. Ou bien de travailler cinq ans de plus. Ou toute combinaison des deux mesures. Si l’on se projette en 2050, ces chiffres doivent être multipliés par deux. Ces projections sont évidemment très incertaines. Mais le COR a fait de son mieux, et les ordres de grandeur fournissent un guide utile pour la réflexion. Actuellement, nous versons chaque mois environ 25% de nos salaires bruts en cotisations retraite. Si nous faisons le choix de porter ce taux à 30% d’ici 2030 et 35% d’ici 2050, alors tous les déficits disparaissent. Certes, ce choix n’a rien d’évident, car il amputera une part non négligeable des faibles gains de pouvoir d’achat à venir. Si ces gains se limitent à 1% par an dans les vingt ans qui viennent, alors la hausse des cotisations en absorbera un quart. C’est un choix collectif que rien ne nous interdit de faire. Alors pourquoi se dispute-t-on?
La première complication est justement que plusieurs choix sont possibles. On peut faire porter une partie seulement de l’ajustement sur les hausses de cotisations et l’autre partie sur l’am




