Les syndicats d’Airbus dégainent l’artillerie lourde. Après une grève de deux heures très suivie vendredi dernier pour obtenir la même hausse de salaires que l’an dernier (+ 3,5%), l’intersyndicale a décidé, hier, de bloquer la production des chaînes d’assemblage toulousaines jusqu’à vendredi. Du jamais-vu depuis deux ans dans une entreprise peu soumise aux poussées de fièvre sociale.
Les cinq sites de la ville vont successivement être touchés par une grève d'une journée. En parallèle, les syndicats appellent à bloquer toute la semaine le déchargement du béluga, l'avion-cargo qui achemine à Toulouse les tronçons de fuselage. De quoi asphyxier rapidement les usines. «Nous voulons en finir au plus vite. Mais la direction doit revenir à la table des négociations avec du concret», indique Françoise Vallin, de la CGC. Le DRH d'Airbus, Thierry Baril, a relevé sa proposition de hausse salariale de 1,5 à 1,9%, qui correspond selon lui à la fourchette haute du secteur. Mais refuse d'aller plus loin. Il a dénoncé les «positions déraisonnables» des syndicats, les invitant à tenir compte de «la situation économique».
Elle est pour le moins paradoxale. L'an dernier, Airbus a battu son record de livraisons tout en affichant un déficit de 1,37 milliard d'euros à cause des provisions comptables liées aux déboires de l'A380 et de l'avion militaire A400M. Ce qui réduira l'intéressement et la participation des Airbusiens «alors qu'ils ne sont pas responsables»,




