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REPORTAGE

Manif d'agriculteurs: «Je gagne 1.000 euros et bosse 45 heures minimum par semaine»

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Ce mardi, à Paris. (AFP)
Publié le 27/04/2010 à 16h13, mis à jour le 27/04/2010 à 17h16

Des tracteurs qui roulent par centaines dans la capitale à la queue leu leu et sur deux files, paralysant de facto toute autre circulation sur des avenues habituellement surchargées. Des manifestants vêtus de tee-shirts blancs siglés recto «Fauchés comme les blés», verso «Attention, paysans en colère», qui s'étonnent de lire des sourires sur les visages de ceux dont ils dérangent le quotidien.

Autant de scènes inédites dans la capitale, ce mardi à Paris, à l'occasion de la manifestation du monde agricole qui exprimait une nouvelle fois son mécontentement depuis le début 2010 face à la chute de ses revenus. Une baisse de 34% l'année passée, avance la Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA), selon laquelle 11.400 manifestants et plus de 1.500 tracteurs ont participé en fin de matinée à ce défilé.

«On a besoin d'être soutenu»

10h30, place de la Nation. L'énorme rond-point est encerclé par quelques uns des 1.200 tracteurs qui ont rejoint Paris par la route. Sur son Fendt de 1964, Michel Zimmermann, 53 ans, est en tête du cortège. Il tourne la clé de contact de sa monture hors d'âge. Michel vient d'Elevange, en Moselle, et a l'élégance de préciser qu'il a mis sa pièce de collection «sur un porte-charge» pour rejoindre Paris. Pourquoi est-il là? «Pour demander de l'aide au président. On a besoin d'être soutenu. Nous connaissons une chute spectaculaire de nos revenus ces dernières années. On est obligé de taper dans nos réserves.»

Ce leitmotiv est sur toutes

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