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Libération
Récit

Le crédit de Goldman Sachs à l’épreuve

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Sept dirigeants de la banque, dont le Français Fabrice Tourre, ont été entendus hier par une commission d’enquête du Sénat américain sur leur double jeu dans la crise des subprimes.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 28/04/2010 à 0h00

Le Français Fabrice Tourre s'est montré à la hauteur du surnom de «Fabulous Fab» qu'il s'est lui-même attribué. Convoqué hier, avec six autres dirigeants de Goldman Sachs, par une commission d'enquête du Sénat américain qui accuse la banque d'avoir tiré profit et aggravé la crise du marché immobilier américain en 2007 et 2008, le centralien, âgé de 31 ans, s'est montré combatif, énergique et plutôt sûr de lui. Non, le produit financier qu'il avait conçu, l'Abacus 2007 AC-1, n'était pas «fait pour échouer».«Goldman Sachs n'avait pas intérêt à faire échouer» ce produit, a-t-il expliqué, en parlant très vite, dans un anglais très sûr mâtiné d'un petit reste d'accent français. Toutes les accusations de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, qui a déposé plainte au civil le 16 avril contre lui et Goldman Sachs, ne sont que de «fausses allégations» qu'il compte bien réfuter, a-t-il promis.

Cynique. La SEC accuse Fabrice Tourre et Goldman Sachs d'avoir trompé leurs clients, ACA Management et la Deutsche Industriebank (IKB), en leur vendant début 2007 des produits financiers adossés à des crédits immobiliers à risque, sans les prévenir qu'elle pariait en même temps sur leur chute. L'ACA et IKB «avaient les ressources et l'expérience» qui auraient pu leur permettre de juger par eux-mêmes de la qualité de ces produits, a riposté Fabrice Tourre. Seule ombre de contrition, le Français a dit «regretter» l'envoi de tous se

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