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Libération

La France face au tabou de la rigueur

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Publié le 11/05/2010 à 0h00

Appelons un chat un chat : «Moi, le mot que j'utilise, c'est la rigueur», a lancé hier, Jean-François Copé, président du groupe UMP sur Europe 1, à propos du plan d'économies du gouvernement. Même franchise d'Alain Juppé qui s'est épanché sur son blog : «Et si nous arrêtions nos circonvolutions autour du mot "rigueur" ?» provoque le maire de Bordeaux. Tous deux ont aussitôt été taclés par Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, solidement campé sur la ligne de communication gouvernementale : «En langage économique le mot rigueur veut dire augmentation généralisée des impôts», et de cela, il n'est toujours pas question. Henri Guaino, conseiller du président de la République, a monté la sono pour esquiver les mots : «La rigueur, c'est l'ajustement économique par la baisse du pouvoir d'achat. Or, ce n'est pas du tout la politique du gouvernement», a-t-il insisté dans le Figaro.

Foin de sémantique, l’heure de la rigueur a déjà sonné. Hier, Nicolas Sarkozy a annoncé la non-reconduction des mesures exceptionnelles de soutien du pouvoir d’achat, décidées en 2009. Fini la prime de 150 euros à 3 millions de familles modestes, la suppression des deux derniers tiers de l’impôt sur le revenu et les bons d’achat de services à la personne. Si l’on ajoute la prime de solidarité active, ces aides débloquées en 2009 avaient coûté 2,6 milliards d’euros. C’est un tout petit début. La réduction drastique des déficits promise va demander

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