Rude journée pour Air France-KLM. Le groupe devrait annoncer ce soir une très lourde perte sur l'exercice 2009-2010 (avril à mars): 1,3 milliard d'euros. Du jamais vu depuis le trou de 1993 (1,19 milliard), qui avait provoqué le sauvetage de la compagnie et sa recapitalisation. Et ce n'est pas tout. Ce matin paraît un livre-enquête sans concessions pour la compagnie, dont Libération publie les bonnes feuilles. Il interroge sur la sécurité du transporteur et sa stratégie économique.
Air France est d’abord victime de la crise, qui expliquerait la moitié des pertes. Un demi-milliard d’euros est à mettre sur le compte de l’activité cargo, en chute libre (-14%). L’addition est à la mesure de la première place mondiale conquise sur le fret. Recul aussi de l’activité passagers (- 3%), mais l’impact est beaucoup plus fort sur le chiffre d’affaires avec l’évaporation de la très lucrative clientèle des classes affaires.
Couvertures. La compagnie souffre aussi de sa politique de couverture pétrolière. Air France avait souscrit des produits financiers coûteux pour se protéger contre la hausse du baril, ce qui lui a rapporté beaucoup d'argent. Depuis que le pétrole dévisse, c'est l'inverse : près de 700 millions d'euros de pertes sur l'exercice. Air France a eu moins de chance que Lufthansa, dont les pertes liées aux couvertures ont disparu avec la faillite de Lehman Brothers.
Mais la crise a révélé les faiblesses structurelles du leader européen, masquées par dix




