Eriel Deranger, militante canadienne, effectue une tournée européenne pour prévenir des risques liés à l’exploitation du pétrole des sables bitumineux, mélange de sable, d’argile et d’eau saturé en bitume. Ce pétrole solide existe au Canada, au Venezuela et en Afrique.
Que représente l’exploitation des sables bitumineux au Canada ?
Ces sables sont l’avenir de l’industrie pétrolière. En Alberta, les réserves recouvrent une surface équivalente à celle du Royaume-Uni, en plein milieu des forêts boréales. Selon le gouvernement canadien, 6 milliards de barils ont été produits entre 1967 et 2007. Mais les réserves récupérables sont bien plus importantes : 170 milliards de barils estimés. A environ 75 dollars le baril de pétrole, cette extraction polluante devient rentable. Les compagnies pétrolières du monde entier sont intéressées, d’autant que le gouvernement canadien a élaboré une fiscalité très intéressante pour elles : les royalties ne sont que de 0,35 dollar par baril, soit 1% du coût de l’extraction du baril, contre 25% habituellement.
Quel est le problème majeur de cette exploitation ?
J’appartiens au peuple indien Athabasca Chipewyan de l’Alberta du Nord. Quand j’étais petite, nous buvions l’eau de la rivière, nous chassions et pêchions sans problème. Aujourd’hui, c’est impossible à cause de la pollution. Pour nous, ces opérations minières constituent un génocide culturel car notre peuple dépend de la nature et vit en harmonie avec elle. Nous avons mené des actions en justice. Mais les systèmes de contrôle sont insuffisants : il n’y a que cinq personnes habilitées à vérifier les demandes




