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Le réacteur Iter exige une rallonge

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Nucléaire . Le projet expérimental sera trois fois plus cher que prévu. La France rechigne à remettre au pot.

Publié le 03/06/2010 à 0h00

En ces temps de rigueur, tous les secteurs ne se serrent pas la ceinture de la même façon. Ainsi, pour renflouer le projet Iter, ce réacteur expérimental de fusion nucléaire actuellement en construction à Cadarache, dans le sud de la France, les députés européens se sont vus sommer le 1er juin de remettre au pot. En effet, alors que le gros de la construction n'a pas encore commencé, les coûts du projet ont déjà quasiment triplé, passant de 5,9 milliards à 16 milliards d'euros.

Après des années de négociation, l’accord Iter avait été signé en 2006 par les ministres de sept parties (Chine, Union européenne, Inde, Japon, Russie, Corée du sud et Etats-Unis). Parmi eux, l’UE (plus la Suisse) doit fournir 45% du budget. A l’origine, la facture européenne était estimée à 2,7 milliards. Mais après la mise à jour présentée au comité de direction d’Iter en mars, elle s’élève désormais à 7,2 milliards. La France, qui accueille et soutient ardemment le projet, supporte 20% de l’effort européen. Pour certains eurodéputés, il serait donc logique que la France porte sa contribution à 1,44 milliard d’euros contre 500 millions à l’origine. Soit un chèque supplémentaire de 950 millions.

«Mais ce n'est pas la position française», objecte le député européen Yannick Jadot. Plutôt que d'augmenter sa part pour Iter, la France préférerait piocher dans d'autres projets européens. «Lesquels pâtiraient de ce changement ? interroge Jadot. Galileo ? Les énergies renouvela

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