Certes, la réduction de la mortalité aux âges élevés entraîne mécaniquement une vie plus longue, et en meilleure santé ; certes, puisque la vie s’allonge, il faut aussi que le nombre d’années passées au travail augmente. Mais en choisissant de focaliser le débat sur la question de l’âge auquel s’ouvrent les droits à s’arrêter, le gouvernement a choisi la voie la plus périlleuse pour engager la nécessaire réforme des retraites.
Premier danger : même si une grande partie de l’opinion reconnaît en effet la nécessité de travailler plus longtemps, le consensus se brise dès que l’on doit préciser sur qui doit peser l’effort. Car la grande absente de la réforme reste la lutte contre les inégalités entre travailleurs, en activité comme en retraite.
On sait pourtant qu’un manœuvre, qui subit déjà un risque de décès quatre fois plus élevé tout au long de sa carrière, ne peut espérer, à 60 ans, vivre que sept années de moins qu’un cadre supérieur ou qu’un professeur d’université. Porter le débat sur l’unique question de la pénibilité du travail est loin de répondre à cette profonde injustice.
Et que dire des inégalités de revenus parmi les retraités ? On aimerait pour le moins disposer d’un diagnostic, et connaître la distribution des montants reçus des différents régimes d’assurance retraite. Mais les statistiques, ici, font défaut. C’est que le système atteint un tel niveau de complexité, unique parmi les pays qui s’appuient sur un dispositif essentiellement public, qu’il est devenu tot




