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Suicides : la fin du déni à France Télécom

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social . Le directeur général a requalifié, hier, le décès d’un salarié marseillais en accident du travail.

Publié le 14/07/2010 à 0h00

Le geste est éminemment symbolique. France Télécom a indiqué hier que son directeur général, Stéphane Richard, a décidé de requalifier en accident du travail le suicide d'un salarié marseillais, le 14 juillet 2009, qui avait écrit avoir mis fin à ses jours «à cause de [son] travail à France Télécom». Le décès de ce fonctionnaire de 51 ans avait marqué le début de la crise des suicides (58 cas depuis 2008) qui a conduit à la mise à l'écart de l'ancien patron, Didier Lombard, devenu président non-exécutif en mars.

Avec cette toute première requalification, annoncée juste un an après le drame, Stéphane Richard marque sa volonté de tourner la page, dans la foulée des 6 500 embauches sur deux ans promises la semaine dernière dans le cadre du nouveau projet d’entreprise .

La décision est d'autant plus forte que l'Inspection générale des affaires sociales et une commission paritaire interne avaient émis un avis défavorable. «Ces instances ont montré qu'il n'y avait pas de lien entre ce drame et l'entreprise, mais Stéphane Richard a décidé d'assumer le devoir de mémoire et d'assistance du groupe vis-à-vis du disparu et de son environnement familial et professionnel», explique-t-on au siège.

«C'est le minimum qu'il pouvait faire. Et c'est l'aveu qu'ils sont responsables d'au moins un suicide», estime au contraire Jean-Pierre Bourriaud, du syndicat SUD. «C'est une vraie rupture managériale qui marque la fin du déni. Mais ça ne règle pas les dizaines d'autre

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