Menu
Libération
Récit

L’Oréal, une haine sans fard et sans fin

Réservé aux abonnés

La fille de Liliane Bettencourt a redemandé le placement de sa mère sous tutelle : un nouvel épisode de la saga familiale autour du magot généré par le géant cosmétique.

Lors d'un défilé de coiffure à Barcelone, avec des produits L'Oréal. (REUTERS)
Publié le 15/07/2010 à 0h00

Françoise Bettencourt-Meyers ne désarme pas. La fille de l'héritière de L'Oréal a demandé mardi au procureur de Nanterre, Philippe Courroye, de saisir un juge pour obtenir la mise sous tutelle de sa mère Liliane Bettencourt, 87 ans. Selon l'avocat de Françoise, Olivier Metzner, les enregistrements clandestins réalisés chez Liliane Bettencourt montreraient qu'elle est bien mise «en situation de danger» par son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, et le photographe François-Marie Banier, à qui elle a donné un milliard d'euros. La réponse ne s'est pas fait attendre longtemps. Hier soir, Liliane Bettencourt annonçait qu'elle demandait un audit «indépendant» sur les sociétés gérant sa fortune et les 30 % détenus par la famille dans le géant mondial des cosmétiques.

Ce nouveau rebondissement révèle un enjeu colossal : le contrôle de L’Oréal, cette incroyable machine à cash. Or, si Liliane devait un jour être déclarée incapable, c’est, selon nos informations, Patrice de Maistre, son gestionnaire de fortune, qui siégerait à sa place au conseil d’administration et exercerait les droits de vote de la famille. Au grand dam de Françoise, qui tient plus que jamais à garder le contrôle du groupe. Récit d’une formidable bataille d’influence.

L’ère du soupçon

A première vue, pourtant, tout semble verrouillé. Pour Liliane Bettencourt, défendre l’indépendance de l’entreprise fondée par son père, Eugène Schueller, est un devoir sacré. Elle s’est attachée très tôt à assurer la succession

Dans la même rubrique