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La sortie de l’A350 a du plomb dans l’aile

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Airbus. a retardé la fabrication du premier exemplaire. Après l’échec de l’A380, le groupe européen n’a plus le droit de se tromper.

Publié le 19/07/2010 à 0h00

«Si l'A350 avait un an et demi de retard, ce ne serait pas un drame.» Cette confidence en forme d'avertissement, lâchée par un haut cadre d'Airbus, illustre le difficile accouchement du jet en carbone lancé en 2006 en réaction au Boeing 787. A tel point que les dirigeants semblent ouvrir grand le parapluie. «Je ne peux offrir ni certitudes ni garanties» sur le fait que l'A350 sera à l'heure, confiait en avril au magazine allemand Focus le PDG d'Airbus, Thomas Enders. «Nous avons consommé l'essentiel de la marge de précaution dont nous disposions», ajoutait en mai Louis Gallois, patron d'EADS, la maison mère du groupe européen.

Pronostics. Les deux hommes assurent pourtant qu'il n'y a aucune raison de réviser le calendrier : premier vol en 2012, livraison en 2013. Mais ils peinent à convaincre. Selon nos informations, le patron d'Air France, Pierre-Henri Gourgeon, envisage un glissement à 2014. Des analystes financiers le prévoient aussi. Les pronostics ne sont pas plus optimistes chez Airbus. «Il y a trop de problèmes à régler pour tenir le planning. Il nous faudrait un an de plus», soupire un ingénieur toulousain.

Airbus a une hantise : revivre le traumatisme de l'A380. Français et Allemands travaillent désormais ensemble, avec les mêmes outils. «Nous avons appris de nos erreurs et de celles de nos rivaux», assure Enders. Parti deux ans après Boeing, Airbus a fait des choix techniques moins risqués. Il a a

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