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Enquête

Le sauvetage d’Altis, une mission très politique

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Après un premier échec fin juillet, Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité, ne renonce pas à racheter l’entreprise d’électronique sise dans le fief de Serge Dassault. Une opération suivie de près par l’Elysée.

Yazid Sabeg, 8 février 2010. (Reuters)
Publié le 09/08/2010 à 0h00

C’est un pataquès politico-industriel au parfum de mélange des genres. Au centre du jeu, Altis, une usine de puces électroniques de 1 300 salariés menacée de fermeture. Dans le rôle du repreneur, Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et chef d’entreprise, soutenu par un mystérieux mécène. Le tout à la demande du très sarkozyste avionneur Serge Dassault, sénateur UMP et ex-maire de Corbeil-Essonnes, la commune où est implantée Altis. Le genre d’homme à qui il est difficile de refuser un service. D’ailleurs, le dossier est suivi par Claude Guéant, bras droit de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

Avec un tel casting, la reprise, prévue le 31 juillet, devait être une formalité. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, s'était d'ailleurs fendu d'une visite à l'usine début juillet pour claironner que «l'avenir d'Altis est assuré», que le Fonds stratégique d'investissement (FSI) alimenté par l'Etat «soutiendra le projet».

Coup de théâtre, le 31 juillet, pas de deal. Depuis, les protagonistes sont aux abonnés absents. Le ministre se réfugie derrière le «no comment», tandis que Yazid Sabeg est parti à l'étranger, sans un mot d'explication aux salariés. «Un tel retard est classique dans ce type de dossier. Surtout au mois d'août», indique son porte-parole. Selon une source interne, il y a eu un «problème technique» entre Sabeg et les propriétaires d'Altis. Pour éviter la casse sociale, IBM et Infineon sont prêts à vendre pour l'euro

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