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Les études sur les OGM profiteront au bio

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ParPierre-Yves Geoffard
professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, directeur d'études à l'EHESS.
Publié le 24/08/2010 à 0h00

Selon les historiens économistes qui se penchent sur le temps long, le progrès de l’humanité a été, depuis 5 000 ans, déterminé par un élément primordial : l’évolution des rendements agricoles. En effet, tant que ceux-ci sont bas, une personne produit à peu près de quoi nourrir une seule personne, c’est-à-dire elle-même. Dans une telle société, chacun doit être occupé à produire de la nourriture : impossible de faire autre chose que de travailler à sa propre survie. C’est l’amélioration de la productivité du travail agricole qui dégage du temps pour d’autres activités : se reposer, étudier, écrire… Lorsque les gains de productivité sont importants, le temps dégagé libère suffisamment de main-d’œuvre pour permettre l’essor de l’artisanat et de l’innovation technologique : selon Paul Bairoch, sans révolution agricole, il n’y aurait pas eu de révolution industrielle.

Et le progrès technique, celui qui permet de produire la même chose avec moins d’heures travaillées, est la vraie source de la croissance économique et de l’amélioration des conditions de vie de tous : dans le long terme, les gains de productivité se traduisent systématiquement par une hausse des salaires des travailleurs et une diminution du temps de travail.

Mais la recherche à tous crins des rendements élevés entraîne parfois des désastres écologiques, comme en témoigne le scandale des algues vertes nourries par la surproduction du cochon. En outre, le progrès est inégal : les secteurs où la productivité stagne, o

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