A l'Oliveraie de Phoenix, un ensemble de gros pavillons couleur sable. Les portes des garages sont assez larges pour laisser passer trois voitures par foyer, mais ces lieux ne servent plus qu'à organiser des vide-greniers pour débarrasser les maisons avant les saisies. Jusque dans ce petit paradis de la middle class, la crise immobilière n'en finit pas. Dans son garage, Angie Gutierrez, 42 ans, vend des bijoux et des vêtements pour compléter ses fins de mois. Elle travaillait jadis dans le marketing. Elle a perdu son emploi, puis sa maison, saisie l'an dernier. Aujourd'hui, elle n'est plus que locataire. «J'avais acheté ma maison en 2006, avec un crédit à taux variable, raconte-t-elle. Mon idée était de ne garder ce crédit que deux ans pour en prendre ensuite un autre, à taux fixe. Mais quand j'ai voulu me refinancer, c'était la crise, plus personne ne faisait crédit. Mes mensualités sont passées de 1 200 à 2 400 dollars. Je ne pouvais plus payer.»
Lotissement. A Phoenix (Arizona), le boom immobilier avait été spectaculaire jusqu'en 2006. Tout autour de la ville, de nouveaux lotissements, comme cette Oliveraie, peuplés à l'aide de crédits «défiant toute concurrence», avaient repoussé les portes du désert. La crise n'en est que plus violente et, surtout, sans fin. Dans la ville, 43% des maisons à vendre sont détenues par les banques, après saisies. 28% sont des short sales, des «ventes à découvert» - une façon d'éviter la sa




