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Libération

Gamelle sans appel pour le «made in France»

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Publié le 01/09/2010 à 0h00

On savait l'industrie française mal en point. Les nouveaux indicateurs du «made in France», présentés hier par le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, dissèquent en trois chiffres chocs ce déclin qui a fait disparaître «près de 600 000 emplois» en dix ans. Première claque : la production française rapportée à la consommation nationale de produits industriels est passée de 104% à 99% en dix ans. Ce qui signifie que l'industrie est devenue globalement importatrice, alors que c'était le contraire en 1999. Sur les dix filières «stratégiques» étudiées, cinq seulement sont exportatrices, et seule l'aéronautique gagne des parts de marché (merci Airbus). L'automobile, férue de délocalisations, «compte à elle seule pour plus de la moitié» du déclin français à l'export, a dénoncé le ministre.

Deuxième baffe : les Français achètent de moins en moins français. Dans les dix secteurs étudiés, seuls 64% des produits vendus dans l’Hexagone sont fabriqués en France (-3 points en dix ans). Ils sont seulement 34% dans la santé, qui a perdu 25 points de part de marché. Et 43% dans l’automobile (-14 points). Même les produits alimentaires dont notre pays est si fier déclinent auprès des consommateurs français, passant de 82% à 78%. Par contre, nous roulons dans des trains nationaux à 91% (+8 points).

Reste l’uppercut final : les produits français le sont de moins en moins. 69% des composants des produits made in France sont fabriqués dans l’Hexagone, contre 75% en 2000. Ca

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