Il y a un an, l'expression à la mode chez les experts était «new economy» : l'idée que, désormais, l'homme savait dompter les cycles économiques et que, plus jamais, il ne connaîtrait de dépressions. Aujourd'hui, c'est «récession globale» : la crainte d'un plongeon de l'activité du monde entier, remake à gros budget de la crise de 1929. Les mêmes qui, il y a un mois encore, jugeaient fantaisiste un tel scénario, l'étudient très sérieusement. Et si l'Occident rejoignait l'Asie dans la débâcle ?
Arme classique. L'engrenage noir est le suivant. La crise russe déclenche une vague spéculative sans précédent, les investisseurs fuyant les pays «émergents» en Amérique latine, en Asie, ou en Europe centrale. Pour défendre leur monnaie, les autorités de ces pays utilisent l'arme classique des taux d'intérêt, les faisant grimper jusqu'à 30 ou 40 %. Ce faisant, elles étouffent l'investissement et contribuent à faire plonger leurs économies dans la récession.
Au Japon, le gouvernement Obuchi, politiquement fragile, s’avère incapable de restructurer son système bancaire malade et ses plans de relance sont jugés peu crédibles. L’économie japonaise s’enfonce. Aux Etats-Unis, les troubles financiers internationaux effraient les épargnants et Wall Street connaît un véritable krach. Pas la «correction» de lundi, comme disent les boursiers, qui semblent évoquer les fessées de leur enfance. Un vrai krach, une chute de 30 à 40 % des cours.
Calcul réversible




