Combien de Français descendront dans la rue aujourd’hui pour dénoncer l’injustice de la réforme des retraites ? 2 millions ? Plus ? Moins ? La question a son importance. De la réponse dépendra en partie le climat politique qui prévaudra pendant l’examen à l’Assemblée nationale, qui débute aujourd’hui, de la mère des réformes du quinquennat Sarkozy. Une forte mobilisation pourrait inciter les syndicats à poursuivre le bras de fer engagé avec le gouvernement. Et l’opposition à durcir un climat politique, affaire Woerth oblige, déjà délétère. A l’inverse, on peut compter sur Nicolas Sarkozy pour avoir, dans un premier temps, le triomphe modeste en cas d’échec de la mobilisation. Puis pour fanfaronner, plus tard, sur le thème du «moi, au moins, j’ai eu le courage d’affronter le problème des retraites». Mais de quel courage parle-t-on quand les enquêtes d’opinion démontrent depuis des mois que les Français, dans leur grande majorité, ont intégré la nécessité de la réforme ? Le courage, pour Nicolas Sarkozy, aurait consisté à proposer des mesures qui ne donnent pas le sentiment de répondre prioritairement aux exigences du Medef et des agences de notation. Le chef de l’Etat court le risque de remporter une victoire à la Pyrrhus. Car il n’a pas su convaincre les Français que son projet était le bon. Et surtout qu’il était juste. Les plus modestes d’entre eux, qu’il avait séduits en 2007, pourraient s’en souvenir en 2012. D’autant que la réforme produira ses premiers effets dès
EDITORIAL
Courage
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ParPaul Quinio
Publié le 07/09/2010 à 0h00, mis à jour le 07/09/2010 à 8h08
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