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Nucléaire : l’accord secret qui gêne Merkel

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Energie . La gaffe d’un patron a révélé les concessions de taille faites par Berlin aux exploitants de centrales.

Publié le 11/09/2010 à 0h00

L'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes (de douze ans en moyenne), annoncé par Angela Merkel le 6 septembre, n'est pas encore acquis. Mais dans un accord tenu secret, dont l'existence a été dévoilée par mégarde par Rolf-Martin Schmitz, patron de RWE, le numéro 2 allemand de l'électricité, il apparaît que les partis de la coalition gouvernementale ont accordé de grosses garanties juridiques aux quatre exploitants de centrales :«Jamais dans l'histoire de la République fédérale, un gouvernement n'a bradé à ce point la sécurité de la population», s'est insurgé Siegmar Gabriel, président du Parti social démocrate (SPD).

Sécurité. Plusieurs paragraphes de l'accord sont destinés à protéger les entreprises en cas d'un changement de politique et/ou de gouvernement. Quant à l'amélioration des dispositifs de sécurité des centrales, promise aux Allemands par Angela Merkel, elle se fera sans obligation particulière et sur le dos des contribuables. En cas de modification, même minime, de la durée de vie fixée pour chaque centrale, les exploitants seront ainsi en droit de cesser tout versement au Fonds de soutien des énergies renouvelables.

Même chose pour l'impôt sur le nucléaire (2,3 milliards d'euros par an jusqu'en 2016) qui ne pourra être modifié. Enfin, le montant de la cotisation des exploitants sera réduit si ces derniers dépensent plus de 500 millions d'euros pour la mise à niveau des équipements de sécurité de leurs centrales.

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