Cette année, aucune ambition de réformer le système de santé. Au lieu de cela, des «fuites» dans la presse (Libération du 17 septembre) au sujet des mesures que préparerait le gouvernement pour tenter de rééquilibrer les comptes de l'assurance-maladie. Traduisant une vision purement budgétaire de la question, ces mesures sont, hélas, parfaitement classiques : baisse de tarifs (médicaments, hôpital, actes de radiologie ou de biologie), baisse des remboursements de la Sécurité sociale (taux de prise en charge de certains médicaments, des consultations médicales, des dépenses hospitalières)… On rabote partout où l'on croit pouvoir le faire.
Un seul élément mérite qu’on s’y attarde : on attend des médecins qu’ils modèrent leur volume de prescription, grâce notamment aux «Capi», ces Contrats d’amélioration des pratiques individuelles, proposés aux médecins généralistes libéraux qui le souhaitent, et déjà adoptés en quelques mois par près de 30 % d’entre eux, malgré la vive opposition de certains syndicats médicaux. Ces contrats prévoient une rémunération à la «performance», selon que les médecins accomplissent ou non certains objectifs de santé publique et de modération des coûts.
Disons-le d’emblée : pour un défenseur du service public, il n’y a rien de choquant dans l’idée qu’un travailleur payé par les derniers publics (ou sociaux) doive rendre des comptes aux citoyens dont l’impôt le finance, et qu’il soit incité financièrement à fournir au public un service plus acces




