Baptiste Giraud est membre du centre d’économie et de sociologie appliquée à l’Agro Sup de Dijon. Il étudie les mouvements sociaux et les grèves.
Constatez-vous des métamorphoses dans les mouvements de grève ?
Transformations et continuités se côtoient. Mais il est clair que les modes d’actions dominants restent les mêmes. Et pas seulement en France. Partout à l’étranger, toutes les recherches aboutissent au même constat : sur des périodes historiques relativement longues - près de deux siècles -, il y a une stabilité des formes de contestation. Le mécontentement social, politique, s’exprime par des manifestations, des grèves, et bien sûr des pétitions. Aujourd’hui, le mouvement de protestation contre la réforme des retraites s’inscrit dans cette continuité-là. Mais autour de ce noyau dur, dont la surface reste relativement importante, nous voyons apparaître de nouvelles formes de contestation. Elles incorporent de plus en plus les mouvements citoyens ou encore altermondialistes.
C’est-à-dire ?
Non seulement ils adoptent les formes classiques de la protestation, comme la manifestation ou la grève, mais ils vont plus loin en utilisant, par exemple, Internet pour mobiliser, informer, sensibiliser, fédérer autour de revendications qui vont de l’annulation de la dette dans les pays du tiers-monde aux problèmes liés à la pollution d’une ville ou d’un village. Entre les mouvements, l’interconnexion via la Toile est instantanée et permanente. Mais, ceci étant, on voit bien que la grève conserve une sorte d’avantage comparatif, du moins en apparence. Elle pertur




