Trois salariées d'une association de défense de femmes victimes de violences conjugales de Périgueux ont été licenciées le 6 juillet pour «faute lourde» après des propos tenus sur Facebook jugés «injurieux, diffamatoires et menaçants» par leur employeur.
Les trois femmes, qui nient avoir été «injurieuses ou menaçantes» admettent qu'elles étaient bien connectées le 21 juin sur le réseau social pour les faits qui leurs sont reprochés. Mais à leur domicile, donc en dehors de leurs temps et lieu de travail.
Après l'échec d'une audience de conciliation, lundi, l'affaire sera jugée par le tribunal des prud'hommes de Périgueux le 14 mars 2011.
En attendant, Jean-Emmanuel Ray, professeur à l'Ecole de droit de Paris I-Sorbonne, revient pour Libération sur ces licenciements et le cadre juridique dans lequel ils se situent.
Ces trois salariées ont-elles commis une «faute lourde» comme le dit leur employeur en débinant celui-ci sur la Toile ?
La faute lourde paraît ici doublement excessive. D'une part, des propos diffamatoires ou même injurieux constituent seulement une faute grave, voire une simple faute sérieuse donnant droit au préavis et à l'indemnité de licenciement si le salarié a beaucoup d'ancienneté.
D'autre part, et surtout, si ces propos ont été écrits du domicile, donc hors temps




