«C'est là-bas que le prix Nobel de chimie Otto Hahn a réalisé pour la première fois la fission de l'atome», explique fièrement Peter André Alt, président fraîchement élu de l'Université libre de Berlin, en montrant par la fenêtre de son bureau une grosse bâtisse de style wilhelminien. Installé dans le quartier bourgeois de Dahlem (ouest), au milieu de pelouses et de rues ombragées, le cœur du campus urbain de la «FU» (Freie Universität), comme on dit ici, se plaît à adopter une petite allure oxfordienne : «Au classement 2008 du Times, nous sommes arrivés en 3e position pour les Sciences humaines derrière Oxford et Cambridge», souligne d'ailleurs le Pr Alt, quadragénaire au regard exigeant, l'un des artisans de la renaissance de l'Université : «Il faut garder les pieds sur terre et voir d'où nous venons. La FU a 60 ans et 350 millions d'euros de budget annuel. Oxford est vieille de plusieurs siècles et possède la moitié de la ville du même nom.»
Rivale. Depuis trois ans, la FU est l'une des nouvelles fiertés de Berlin. Elle est la seule université du nord de l'Allemagne à avoir obtenu le titre envié d'université d'élite dans le cadre de «l'initiative d'excellence» organisée par le gouvernement fédéral. Les huit autres lauréates se trouvent toutes dans les riches régions du sud-ouest. La récompense en a surpris plus d'un. En effet, créée en 1948 avec l'aide des Américains, en réponse à l'Université Humboldt de Be




