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Interview

«Dans 99% des cas, les saisies étaient falsifiées»

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L’avocate Linda Tirelli dénonce les fraudes des banques pour accélerer les expropriations forcées aux Etats-Unis.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 04/10/2010 à 0h00

Un nouveau scandale vient ébranler les plus grandes banques américaines. JP Morgan Chase, Bank of America et Ally Bank (ex-filiale de crédit de General Motors) ont dû reconnaître la semaine dernière avoir commis des «erreurs de procédure» lors des saisies immobilières effectuées en masse ces dernières années. Pour accélérer ces saisies, elles auraient souvent présenté des documents signés sans qu'ils aient été vérifiés au préalable. JP Morgan Chase a demandé vendredi aux tribunaux de suspendre 56 000 saisies en cours, et Bank of America a suspendu les siennes dans 23 Etats. Linda Tirelli, avocate à White Plains (Etat de New York), spécialisée dans les faillites, se félicite que le scandale éclate.

Quelle est la gravité de ces faits ?

C’est très grave. Pour moi, ce n’est pas nouveau : depuis 2008, je me bats contre des banques ayant recours à de faux documents pour saisir les propriétés de mes clients. Le phénomène est très répandu. Dans 99% des cas que je traite, je tombe sur de faux documents : des déclarations sous serment signées sans avoir été lues et vérifiées, des documents inventés pour ne pas se donner la peine de retrouver les originaux… Souvent, l’organisme qui a émis le prêt n’existe plus mais on trouve malgré tout des documents signés après sa disparition ! En janvier, dans un de mes dossiers, un avocat de la Chase Bank a dû reconnaître que les documents présentés par la banque étaient incorrects. Ainsi, mes clients ont déjà plusieurs fois eu gain de cause. Très souvent, la Citybank et la Ba

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