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«Si je travaillais dans le public, j'aurais évidemment fait grève»

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Publié le 13/10/2010 à 15h57, mis à jour le 13/10/2010 à 18h55

Nelly, Florent, Marie-Noëlle, Lionel et Gérard ont en commun de ne pas avoir fait grève hier mardi alors qu'ils sont opposés à la réforme des retraites actuellement en discussion au Sénat. Quelles sont leurs motivations pour ne pas cesser le travail? Que reprochent-ils à la réforme en débat? Iront-ils manifester samedi en dehors de leur temps de travail? Ils témoignent pour Liberation.fr.

Nelly, 55 ans, professeur des écoles en maternelle, Soissons:

«En 2003, j'ai fait trois semaines de grève qui n'ont servi à rien»

«Je serai à la retraite dans deux ou trois ans. Je pourrais partir dès à présent mais avec une trop grosse décote, car je n'ai pas le nombre d'années nécessaires depuis la réforme de 2003. J'avais alors fait trois semaines de grève qui n'ont servi à rien et m'ont un peu dégoûtée.

«C'est principalement la raison pour laquelle je n'ai pas fait grève hier, même s'il y a aussi la déception liée à l'attitude de collègues plus jeunes qui ne s'investissent pas dans le mouvement.

«Il y a des moments où je me sens seule dans mon école. On n'est pas entraînés par un mouvement collectif. Avant, en cas de grève comme en ce moment, l'école était fermée. Ce n'est plus le cas. Je ne vois pas bien l'intérêt de faire grève avec le service d'accueil obligatoire. Cela ne donne pas une grande valeur à la grève dans la réalité.

«Je suis contre cette réforme parce qu'on tape toujours sur les mêmes. Et aussi parce que je pense que malgré le discours gouvernemental tout le monde ne peut pas travailler aussi longtemps qu'ils le disent. Pour prendre mon exemple, mon métier a considérablement changé depuis que j'ai comme

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