Soudain, le silence gagne le piquet de grève. Il est 13 h 30 lorsque quatre cégétistes apportent un cercueil habillé de plastique noir avec l’inscription «droit de grève», et le déposent sur les braises fumantes, juste devant l’entrée de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne). Un enterrement symbolique pour dire la colère des grévistes, réquisitionnés sur ordre de Nicolas Sarkozy puis délogés par la force.
Tout s'est joué vendredi matin, lorsque le préfet a réquisitionné une vingtaine de salariés pour faire fonctionner le dépôt de carburant de la raffinerie et permettre aux camions-citernes de s'y approvisionner. Vers 8 h 30, les gendarmes mobiles brisent le cordon de grévistes qui bloquait le portail depuis plus de deux heures. «Dans le calme» et sans «incident», selon le ministère de l'Intérieur. «Violemment», d'après la CGT, qui dénombre trois salariés blessés.
«Savatté». Une version confirmée par plusieurs militants présents. «Ils ont chargé, mes lunettes ont été cassées, mon poignet tordu. C'est indigne d'une démocratie», raconte Pascale, fonctionnaire territoriale venue soutenir les grévistes. «Ils poussaient avec leur bouclier en donnant des coups de pied. Des gars sont tombés et ont été piétinés. L'un d'entre eux a été savatté au sol par les forces de l'ordre», assure Alexandre, syndiqué CFDT.
«Ce qui s'est passé ce matin est très grave. Le pouvoir cherche à faire passer les salariés pour des




