Drôle de cortège à Paris, avec ses gros amas sonores de cheminots CGT ou de camionneurs CFDT, sa troupe sautillante de lycéens toutes étiquettes (Fidl, UNL) confondues et ses groupuscules indénombrables, comme Marie-Laure, Nadège et Jean-Luc, venus avec leur pancarte FO du Carrefour de Claye-Souilly. Curieux défilé tout en accordéon où ils étaient 170 000 selon les syndicats (31 000 selon la police). A 17 heures, ceux de SUD Solidaires n'ont pas encore décollé de la Place de la République que l'avant-garde du cortège, CGT en tête, est arrivée au but trois heures plus tôt… Du monde ? Jean-Paul, ingénieur chez Sagem, à Argenteuil, dit qu'ils sont venus à 20 seulement «à cause des vacances». Ils étaient 60 à la première manif. «Mais je vois beaucoup de petites boîtes du privé : eux ont pris sur leurs vacances», dit-il presque admiratif. N'Guyen, assistante maternelle à la crèche de Rueil-Malmaison, 44 ans, quatre enfants, est venue seule avec sa pancarte «arthrose, lombalgies, hernies discales…». «Comment est-ce possible de faire travailler les femmes jusqu'à 67 ans», clame-t-elle. Manifestation sans incidents, mais la police a quand même procédé à 150 interpellations pour «vérification d'identité» vers 20 heures.
A Lyon, clin d'œil à l'affaire des policiers déguisés en militants CGT lors de la précédente journée d'action : des manifestants paradent autour du cortège en arborant à leurs blous




