Comment l'Allemagne a-t-elle réussi en si peu de temps à faire passer le nombre de ses chômeurs sous la barre des 3 millions ? Et à quel prix ? En octobre, l'Agence fédérale pour l'emploi a enregistré 2,945 millions de demandeurs d'emploi, soit un taux de chômage de 6,7% selon Eurostat. Le plus bas niveau depuis dix-huit ans. Mercredi, les ministres de l'Economie et de l'Emploi se sont même battus pour annoncer ce chiffre historique et l'ex-chancelier Schröder est sorti de sa réserve pour en revendiquer la paternité : «Mon Agenda 2010 [réformes menées par la coalition SPD-Verts entre 2003 et 2005, ndlr] est en grande partie responsable de la croissance. Le gouvernement actuel n'a pas fait grand-chose», a-t-il dit.
«Mini-jobs». La performance est réelle. C'est en effet la première fois depuis 1945 que l'emploi ne recule pas pendant une crise économique et que l'embauche redémarre aussi vite : «Schröder n'a pas tort. Les réformes de son gouvernement ont contribué à la réduction du chômage», admet Holger Schäfer, spécialiste de l'emploi pour l'Institut de l'économie mondiale de Cologne (IW). L'Agenda 2010 de Schröder ? Il a permis de libéraliser le travail temporaire et la fiscalité des petits emplois, ce qui a favorisé les embauches des travailleurs peu qualifiés. De leur côté, les partenaires sociaux ont accepté la modération salariale et la flexibilisation du temps de travail. Aujourd'hui, près de 50% des salariés allemands disposent de




