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Analyse

L’Amérique attaque billets en tête

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En décidant d’injecter 600 milliards de dollars dans son économie, les Etats-Unis ont relancé la guerre des taux de change avec l’Europe et les pays émergents, à une semaine du G20 de Séoul.

Publié le 06/11/2010 à 0h00

A défaut de déclarer une guerre monétaire, les Etats-Unis ont sorti la grosse artillerie. Résultat ? A quelques jours du G20 qui se tiendra jeudi et vendredi à Séoul (Corée du Sud), le conflit des taux de change est installé dans le paysage des relations internationales. Voilà, en substance, comment les Etats asiatiques, la France, l’Allemagne, le Brésil, la Russie, l’Inde et la plupart des autres pays émergents interprètent depuis jeudi la décision de la banque centrale américaine d’ouvrir en grand les vannes du crédit.

Pourtant, le patron de la Fed, Ben Bernanke, avait déjà déclaré à maintes reprises qu’il n’était pas impossible que les Etats-Unis soient contraints de jeter des dollars du haut d’un hélicoptère… Histoire d’éviter que le pays ne s’enfonce dans une longue récession. Avec, en prime, une déflation.

«Poussive». Certes, cette «maladie» tant redoutée par les économistes n'est pas encore là. Mais Bernanke a décidé de prévenir. Comment ? Non pas en baissant les taux d'intérêts. Ils «tangentent» déjà la ligne du zéro. Mais en faisant tourner la planche à billets pour imprimer 600 milliards de dollars (427 milliards d'euros) et en rachetant aux banques américaines, aux fonds d'investissement et autres institutions financières les bons du Trésor américain qu'elles détiennent. «L'objectif de la Fed n'est pas un énième plan de relance, mais une injection massive de liquidités dans les circuits de l'économie américaine. En contrepartie, ces banques pour

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