Mises sous pression par les nouvelles règles financières internationales, les banques, et hier encore le Crédit agricole, lorgnent ouvertement la manne du Livret A, alors que celui-ci est encore largement géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour financer le logement social. Le gouvernement, qui a jusqu’à septembre 2011 pour revoir le partage, leur prête une oreille attentive. Au grand dam d’Augustin de Romanet : le directeur général de la CDC rappelle que ces fonds assurent des missions d’intérêt général.
Que répondez-vous à Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, lorsqu’il prétend que l’argent du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) centralisé à la Caisse des dépôts «ne finance pas l’économie» ?
C’est inexact. L’intégralité de cet argent est utilisé en faveur de l’économie. Il sert à financer par des prêts la construction de logements sociaux, la réhabilitation des quartiers dans le cadre de la politique de la ville, la création de lignes à grande vitesse ou d’équipements pour le traitement des eaux, la rénovation des universités ou des hôpitaux. Cette année, nous allons financer 123 000 nouveaux logements sociaux. Les fonds du Livret A que nous gérons font travailler les entreprises, notamment dans le secteur du BTP. Pas un seul euro de cet argent centralisé à la Caisse des dépôts n’est immobilisé dans des activités de marché ou purement spéculatives. Je ne suis pas sûr que les banques puissent en dire autant.
Baudoin Prot, patron de BNP Paribas, réclame que les banques puissent conserver 50% de la collecte des Livrets A et LDD, contre 37% aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?
C’est peu réaliste. Dans de telles conditions, pour respecter la loi LME, le fonds d’épargne qui sert à financer le logement social devrait arrêter tout nouveau prêt, renoncer aux 30 milliards d’euros d’engagements de prêts dans le logement so




