Ils accumulent les profits, sont choyés par l'Etat et détruisent des emplois en France. La réputation peu flatteuse des géants du CAC 40 est malheureusement exacte. Au premier semestre, ils ont engrangé 41,5 milliards d'euros de bénéfices, en hausse de 87% sur un an. Mieux encore, ils disposent dans leurs caisses d'un matelas de 146 milliards d'euros de cash, selon une étude publiée le 21 octobre par les Echos. Bref, malgré la mollesse de la reprise en Europe et aux Etats-Unis, nos champions tricolores se portent comme un charme. Mais l'économie française n'en profitera pas. Selon l'enquête réalisée par Libération, les effectifs dans l'Hexagone des quarante groupes du CAC ont diminué de 39 400 personnes entre la fin 2004 et la fin 2009, soit une baisse de 2,5% sur cinq ans. Alors que, dans le même temps et malgré la crise de 2009, l'ensemble du secteur privé a créé 200 600 emplois (+1,1%).
Carnets vides. La situation est contrastée. Il y a les cancres comme France Télécom, champion du dégraissage (-27 600 salariés) et du malaise social, malgré des profits taille maxi (3,4 milliards l'an dernier). Et le bon élève Bouygues et ses 15 400 emplois créés. Insuffisant pour renverser la tendance. «Ce n'est pas surprenant. Les sociétés qui créent de l'emploi sont les PME qui passent de 20 à 50 salariés», réagit Karine Berger, chef économiste de l'assureur crédit Heuler Hermès. Qui tempère aussitôt : «Ces grands groupes ne créent pas d'em




