Il est 2 h 50, heure locale, mardi, lorsque le pilote d'essai du Boeing 787 numéro 2 achève sa descente vers l'aéroport de Laredo, au Texas. L'appareil n'est plus qu'à 300 mètres du sol lorsqu'un incendie éclate dans une armoire électrique. Malgré la panne de courant, le pilote parvient à se poser. Les 42 employés de Boeing présents à bord sont évacués. Mercredi, l'avionneur américain doit suspendre «pendant plusieurs jours» les essais en vol. A trois mois de la première livraison, cet incident spectaculaire tombe au plus mal. Et s'ajoute à la liste déjà trop longue des déboires du 787 Dreamliner, cet «avion de rêve» qui affiche près de trois ans de retard.
Carbone. Mercredi, 15 heures. A Seattle, fief de Boeing, la nuit a été courte. Mais le calme règne, sous la nef de la plus grande usine du monde, où quatre 787 d'un blanc immaculé sont en cours de montage. On n'entend pas claquer les pistolets à rivets qui assemblent plus loin le mythique jumbo-jet 747. Car le Dreamliner est le tout premier avion au fuselage en fibre de carbone, plus solide et léger que l'aluminium. Boeing promet 20% d'économies de carburant. Lorsqu'il aura enfin réussi à maîtriser cette révolution technologique. Derrière la baie vitrée qui surplombe la chaîne, Scott Fancher, patron du programme 787, tente de rassurer. «Oui, absolument», c'est bien l'incident le plus grave depuis le début des essais. Embarrassant ? «Non», puisque les essais consistent à «iden




