EADS excelle dans l'art de la communication. Le géant européen de l'aéronautique a profité, vendredi, de l'annonce de résultats financiers encourageants pour mieux faire passer les déboires de sa filiale Airbus. Dans une conférence téléphonique, le patron de celle-ci, Thomas Enders, a révélé que l'incident moteur de l'A380 de la Qantas aura «un impact sur les livraisons, en particulier en 2011», et que le futur gros porteur A350 sera lui aussi en retard. Promise pour la mi-2013, la mise en service de cet appareil est désormais prévue au second semestre. Soit un décalage de six mois, au pire.
Casse-tête. Ce retard, longtemps nié par Airbus, était un secret de polichinelle dans le monde de l'aéronautique. A Toulouse, on chuchote que l'avionneur continue à pécher par optimisme. Selon des sources internes concordantes, le retard de l'A350 serait en fait «d'au moins un an».
La mise au point «reste difficile», reconnaît l'avionneur. L'A350 sera le premier Airbus au fuselage majoritairement construit en fibre de carbone. Un matériau plus solide et léger que le métal, qui réduit la consommation de carburant. Mais un vrai casse-tête pour l'avionneur, qui avait tardé à s'engager dans ce défi technologique. Selon nos informations, Thomas Enders et son adjoint Fabrice Brégier ont aussi demandé aux ingénieurs de revoir leur copie pour améliorer les performances de l'appareil. Ce qui a encore décalé le développement. A titre de consolation, Boeing




