Qui n’a pas un jour rêvé du Tigre celtique, syntagme aujourd’hui totalement ridicule ? On se souvient des épopées des petits Français partis chercher fortune à Dublin, terre sans chômage et sans régulations. L’Irlande devenait un aimant pour tous les jeunes Européens, symbole d’un libéralisme triomphant et sans complexe. L’économie flambait après des siècles de disettes et de malheurs. L’immobilier atteignait des records dignes de Monaco ou de Manhattan. L’illusion d’une prospérité sans fin s’installait dans l’île devenue un petit paradis fiscal. Mais le miracle n’aura duré qu’une décennie et l’Irlande paie aujourd’hui ces années folles. Elle qui donnait des leçons de libéralisme bien compris a dû par deux fois mendier le sauvetage de ses banques auprès de la Banque centrale européenne et aujourd’hui de l’Europe et du FMI. Ces apôtres du marché sont bien contents de trouver les Etats et les contribuables européens pour les sauver de la banqueroute. L’argumentaire est connu. Les banques européennes sont interconnectées et le défaut de l’une d’entre elle peut faire s’écrouler l’ensemble du système financier européen. Le contribuable français doit donc prêter ses euros pour les fautes et les risques insensés pris par des banquiers irlandais pour leurs plus grands profits. Une fois encore, la finance peut triompher, jouant dans un casino sans risque ni sanction. Il existe pourtant d’autres options. Où les banques, créancières imprudentes des institutions irlandaises, seraient
EDITORIAL
Illusion
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Publié le 23/11/2010 à 0h00
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