C'est un pari à plusieurs milliards de dollars. Selon plusieurs sources proches du dossier chez l'avionneur, Airbus et sa maison mère EADS ont approuvé ce mardi le lancement d'une version remotorisée de l'A320. Baptisé NEO (pour new engine option), cet appareil doté de réacteurs dernier cri, plus économes en carburant, sera proposé en option aux compagnies, en plus du modèle actuel. Airbus va investir plus d'un milliard d'euros dans ce programme, dont la première livraison est programmée en 2016.
Ce changement de moteur est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Il est en fait si sensible que la décision a été repoussée deux fois ces derniers mois. Car le monocouloir A320 et ses dérivés (A318, 19 et 21) est l’un des deux appareils les plus vendus au monde (6.700 commandes!) et la vache à lait d’Airbus. Cette famille représente plus de 60% des appareils vendus par l’avionneur, la majorité de ses profits, et des milliers d’emplois en Europe. Ce marché des avions de 110 à 220 places, jusqu’ici partagé à égalité entre l’A320 et les Boeing 737, est estimé à environ 1.000 milliards d’euros dans les vingt ans qui viennent.
Le patron d'Airbus, Thomas Enders, et son homologue américain, Jim Albaugh, auraient rêvé de perpétuer tranquillement ce duopole. Mais les motoristes CFM (filiale du français Safran et de l'américain GE) et Pratt & Whitney (100% américain) ont conçu de nouveaux engins, capables de réduire la consommation de carburant de 7 à 12%. Et ils les ont vendus à




