Ala manière enveloppée qu’on lui connaît, l’Autorité de la concurrence a jeté un pavé dans le bain où mijotent les grandes enseignes, rétives une fois de plus à ce qu’on marche sur ses plates-bandes. Sur le banc des accusés, les groupes intégrés (Carrefour, Casino, Auchan), qui confient une part notable de leurs magasins à des franchisés, et les groupements coopératifs (Leclerc, Intermarché), agrégat de commerçants indépendants. Seul Système U échappe (un peu) à la critique. Ni amende à la clé ni injonction comminatoire, mais des recommandations bien senties. Pour ce faire, l’Autorité s’est saisie des tout nouveaux pouvoirs que lui a conférés la loi LME (Loi pour la modernisation de l’économie), en se livrant à une étude sectorielle.
Premier constat, alors que la France peut s’enorgueillir d’abriter sept groupes de distribution de poids, la situation à l’échelon local est préoccupante. Qu’on en juge : dans 4 à 9% des zones de chalandise (trente minutes en voiture), les consommateurs n’ont le choix qu’entre un hyper Carrefour et un hyper Carrefour, idem pour Auchan ou pour Leclerc. Et dans au moins 30% des zones, la compétition est circonscrite entre quatre acteurs au plus. Insuffisant, juge le gendarme de la concurrence, pour peser sur le niveau des prix. Et c’est pire encore pour les magasins de proximité de centre-ville.
Or, la situation n'est pas près d'évoluer. En épluchant les contrats liant les indépendants à leur groupement ou les franchisés à leur enseigne, les enquête




